
Une Voix sous la cendre

de Zalmen Gradowski
Mise en scène de Alain Timar
Avec François Clavier
Le 5 mars 1945, lors des fouilles effectuées près du crématoire III de Birkenau, on découvrit à l'intérieur d'une gourde fermée par un bouchon, un carnet portant la signature de Zalmen Gradowski.
Ce texte est un extrait du carnet de témoignage de Zalmen Gradowski. Il nous y raconte, avec moults détails et précisions son départ pour Auschwitz Birkenau, le voyage dans le train puis son arrivée au camp. Le texte s'arrête lorsqu'il est transféré au Sonderkommando, où on sait qu'il a dû aider les SS à faire entrer les détenus dans les chambres à gaz puis se charger des cadavres et de leurs affaires.La mise en scène d'Alain Timar est très simple; en effet la scène n'a pour décor qu'un grand écran blanc lumineux, qui avance au gré du texte sans que le spectateur s'en aperçoive. Il éblouit le spectateur, obligé de plisser les yeux lorsque François Clavier se place devant cet écran. Mais pas besoin de plus pour ce spectacle dont le texte seul porte toute la scène. Un témoignage poignant, dit avec simplicité. François Clavier nous donne à voir les images difficiles de notre Histoire, et l'on peut lire dans son regard tour à tour l'incompréhension qui a gagné le peuple juif au début de sa déportation, le regard brillant de naïveté lorsqu'ils refusaient de voir la réalité, jusqu'à ce regard dur et triste face au camp d'Auschwitz Birkenau. Et même parfois, lorsqu'il nous parle des SS, on peut découvrir un autre visage, celui de la méchanceté, de la bêtise même.Nous faisons donc ce voyage terrible en sa compagnie, malheureusement parfois rappelés à la réalité par un jeu un peu trop classique, dont les gestes sont souvent prévisibles, ou qui au contraire, ponctuent parfois trop mal le récit.Dans ce spectacle le spectateur devient voyeur de l'horreur; cependant, la pièce ne semble pas aller assez loin, François Clavier ayant fait le choix de s'arrêter lorsque Zalmen Gradowski s'apprête à partir pour les Sonderkommando. Certes, c'est une partie de l'Histoire difficilement audible et même représentable sur scène, mais c'est une partie de l'Histoire que nous ne connaissons pas, contrairement au récit qu'il nous est fait.
Peut-être que, sans aller trop loin, quelques pages de plus des carnets de notes de Gradowski nous auraient permis d'apprendre ce qu'était son "travail" dans les camps, pour nous faire découvrir une autre partie de l'Histoire, aussi bien l'horreur de sa tâche que sa participation au mouvement clandestin qui s'était créé au sein du Sonderkommando.
Peut-être que, sans aller trop loin, quelques pages de plus des carnets de notes de Gradowski nous auraient permis d'apprendre ce qu'était son "travail" dans les camps, pour nous faire découvrir une autre partie de l'Histoire, aussi bien l'horreur de sa tâche que sa participation au mouvement clandestin qui s'était créé au sein du Sonderkommando.
Eva Brunelle
21/11/2009

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