Une Demande en Mariage et L'Ours
de Tchekhov
Mise en scène de Antonio Labati
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Jusqu'au 13/07/2002
Du mardi au samedi à 20 h 30.
Bouffon Théâtre
28, rue de Meaux
75019 PARIS
Métro Colonel-Fabien
01 42 38 35 53
Personnages qui vont tempêter, se quereller, se déchirer et peut-être se calmer ? Tchekhov nous met en présence de la médiocrité de l'âme des gens
Il est rare, surtout dans les petites salles (ici, une jauge d’une quarantaine de places) que le public se lève pour applaudir. Ce fut le cas au Bouffon-Théâtre pour les deux "Plaisanteries" d’Anton Tchekhov, jouées par une jeune et très tonique Compagnie de Seine-et-Marne, "Entre cour et jardin".
C’est un bon choix du metteur en scène, Antonio Labati, d’avoir associé ces deux courtes pièces qui, côte à côte, mettent davantage en relief la vision pessimiste de Tchekhov sur la vie conjugale. On sait que lui-même se maria fort tard, et avec une actrice moscovite qui vivait loin de lui... : manière élégante et pratique d’éviter les frictions quotidiennes dévoreuses de couples.Dans La demande en mariage, un vieux garçon pataud, résigné à ne plus trouver le grand amour, vient demander la main de sa voisine, une vieille fille tout aussi pressée de se marier. Le père est enchanté de la caser. Enfin. Même si c’est avec ce monsieur qu’il n’estime guère. Tout devrait donc finir aussitôt. Hélas, les deux promis s’étrillent et s’écharpent sur des vétilles (la propriété d’un pré désolé, la valeur respective de leur chien...), et tous deux s’y prennent comme des mégères, comme s’ils étaient déjà mariés depuis mille ans.L’amour et le coup de foudre qui leur manquent, le voilà dans L’ours : un homme qui vit comme tel et sort soudain de sa retraite pour réclamer le paiement de traites impayées à une veuve recluse. Mais cette fois, la dispute qui naît entre eux conduit à échauffer les curs plus que les têtes, et les protagonistes subjugués finissent par s’étreindre sous l’il médusé de l’impotent serviteur armé. (Il était aller chercher un fusil pour chasser définitivement ce méchant Ours.) Comme quoi, même dans le meilleur des baisers, une menace veille...Tout cela est joué vivement, parfois avec un peu trop d’agitation et de fébrilité scéniques, mais comme le tout est emporté par une réelle générosité des acteurs (qui mouillent, au sens propre, leur chemise), le public passe un agréable moment et rit souvent.J’ai trouvé Antonio Labati (le vieux garçon puis l’Ours) beaucoup plus dense dans ses moments tragiques ou colériques mais il a quelques effets comiques et des mimiques très efficaces. Jean-Christophe Allais (le père puis le serviteur) gagnerait à donner à son premier personnage un peu plus d’épaisseur "stanislavskienne" (Stanislavski créa à peu près toutes les pièces de Tchekhov et conçut une géniale "Formation de l’acteur") mais il est particulièrement touchant et juste dans son second rôle, nuancé et attentif. Enfin, la lente métamorphose de Fanny Malterre, seule en scène, pour assurer le passage entre les deux "Plaisanteries" (terme de Tchekhov) est éblouissante. Là se découvre le cur du travail de l’acteur. Elle se déshabille (très pudiquement) du rôle de la vieille fille sévère et empotée, dénoue sa queue de cheval, glisse une longue robe noire et devient une autre femme, aristocrate et délicate, fine et voluptueuse ; le tout s’épanouissant dans la musique de Bellini. Excellent. Je pense que Tchekhov aurait beaucoup apprécié cette joyeuse exubérance apportée à ses textes grinçants... "Le début du bonheur conjugal", dit-il...
C’est un bon choix du metteur en scène, Antonio Labati, d’avoir associé ces deux courtes pièces qui, côte à côte, mettent davantage en relief la vision pessimiste de Tchekhov sur la vie conjugale. On sait que lui-même se maria fort tard, et avec une actrice moscovite qui vivait loin de lui... : manière élégante et pratique d’éviter les frictions quotidiennes dévoreuses de couples.Dans La demande en mariage, un vieux garçon pataud, résigné à ne plus trouver le grand amour, vient demander la main de sa voisine, une vieille fille tout aussi pressée de se marier. Le père est enchanté de la caser. Enfin. Même si c’est avec ce monsieur qu’il n’estime guère. Tout devrait donc finir aussitôt. Hélas, les deux promis s’étrillent et s’écharpent sur des vétilles (la propriété d’un pré désolé, la valeur respective de leur chien...), et tous deux s’y prennent comme des mégères, comme s’ils étaient déjà mariés depuis mille ans.L’amour et le coup de foudre qui leur manquent, le voilà dans L’ours : un homme qui vit comme tel et sort soudain de sa retraite pour réclamer le paiement de traites impayées à une veuve recluse. Mais cette fois, la dispute qui naît entre eux conduit à échauffer les curs plus que les têtes, et les protagonistes subjugués finissent par s’étreindre sous l’il médusé de l’impotent serviteur armé. (Il était aller chercher un fusil pour chasser définitivement ce méchant Ours.) Comme quoi, même dans le meilleur des baisers, une menace veille...Tout cela est joué vivement, parfois avec un peu trop d’agitation et de fébrilité scéniques, mais comme le tout est emporté par une réelle générosité des acteurs (qui mouillent, au sens propre, leur chemise), le public passe un agréable moment et rit souvent.J’ai trouvé Antonio Labati (le vieux garçon puis l’Ours) beaucoup plus dense dans ses moments tragiques ou colériques mais il a quelques effets comiques et des mimiques très efficaces. Jean-Christophe Allais (le père puis le serviteur) gagnerait à donner à son premier personnage un peu plus d’épaisseur "stanislavskienne" (Stanislavski créa à peu près toutes les pièces de Tchekhov et conçut une géniale "Formation de l’acteur") mais il est particulièrement touchant et juste dans son second rôle, nuancé et attentif. Enfin, la lente métamorphose de Fanny Malterre, seule en scène, pour assurer le passage entre les deux "Plaisanteries" (terme de Tchekhov) est éblouissante. Là se découvre le cur du travail de l’acteur. Elle se déshabille (très pudiquement) du rôle de la vieille fille sévère et empotée, dénoue sa queue de cheval, glisse une longue robe noire et devient une autre femme, aristocrate et délicate, fine et voluptueuse ; le tout s’épanouissant dans la musique de Bellini. Excellent. Je pense que Tchekhov aurait beaucoup apprécié cette joyeuse exubérance apportée à ses textes grinçants... "Le début du bonheur conjugal", dit-il...
Philippe Dohy
10/11/2002

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